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La liste restreinte des toponymes haut-alpins qui est sélectionnée ici est extraite du livre d'André Faure : Noms de Lieux & Noms de Famille des Hautes-Alpes, Edition ESPACI OCCITAN, 21 rue de l’Imprimerie, 05000 GAP.

Compilation du chapitre : UN PEU DE PRE-HISTOIRE ET D’HISTOIRE

D’après des données popularisées par Alain Nouvel et reprises par Paul-Louis Rousset, les peuplements de la France du nord et de la France du sud à la fin de l’ère préhistorique sont très différents. La partie Sud est peuplée essentiellement de Méditerranéens auxquels sont venus s’ajouter des Ouralo-Altaïques. Les peuples Celtes et Germaniques s’y trouvent en forte minorité.

Il y a 12 000 ans le climat se réchauffe sérieusement. La région des Hautes-Alpes était jusqu’à présent couverte de glaciers. L’homme préhistorique installé en Provence est intéressé par ce pays neuf qui s’ouvre à lui par la nature favorable à la pêche, à la chasse et à la cueillette. Il remonte le long de la Durance et du Drac en passant par les différents cols.

Vers le milieu du 3e millénaire avant J.-C. ces peuples ont été remplacés par de nouveaux groupes humains.
Une première population d’origine méditerranéenne arriva de Provence et reprit le cheminement des premiers occupants.
Une autre population originaire de l’Oural et de l’Altaï est venue dans les H.A. à peu près à la même époque en passant par les montagnes. On a pu retrouver sa trace, car sur son cheminement les hommes de ce groupe ont semé un peu partout le toponyme « alp/arp » qui a le sens de pâturage. Ce peuplement « alpin » ne se limite pas seulement aux Alpes. On le retrouve jusqu’au Massif Central et même dans les Pyrénées.
Lors de la période protohistorique, les Ligures, qui sont des méditerranéens venus d’Orient s’établirent en Provence dans la première moitié du premier millénaire avant J.-C.

Jusqu’à présent les peuples sont venus d’Orient ou d’Europe Central. A présent c’est du nord qu’ils vont venir. Ce sont des Indo-Européens et non plus des Méditerranéens qui  pénètrent en France du  Nord au cours du premier millénaire avant J.-C. Ces Indo-Européens sont des Celtes dont la première vague est appelé « gauloise ». Ils s’établirent principalement au Nord de la Loire. Dans le sud leur densité est relativement faible et leur venue est bien tardive puisqu’ils n’atteignirent les régions les plus méridionales que vers 230 avant J.-C.
C’est en 122 avant J.-C. que le Sénat de Rome décréta de fonder une colonie romaine dans le Sud de la France, colonie qui fut appelée « Provincia Romana » puis « Narbonnaise ».

La langue latine apportée par les colonisateurs romains évolue différemment dans le nord et le sud de la France.  Elle aboutit finalement à l’apparition de la Langue d’Oïl au Nord et de la Langue d’Oc (appelée plus tard « occitan ») au Sud de la Loire.

Abréviations utilisées :
ndl : nom de lieu
ndf : nom de famille


ABRIÈS (nom de commune des H.A.) : était noté « Abrii » vers 1100-1137, « Villa Abriarum » en 1311. Ce nom est issu du latin « aper » pour « sanglier ». Il s’agit probablement d’un surnom d’homme, avec suffixe « -arium » qui indique la propriété

AIGUILLES (nom de commune des H.A.) : Etait noté « Aiguilli » en 1371. Du latin «accucula» pour «aiguille».

ARGENTIÈRE (L') (commune des H.A.) : (« Castrum Argenterie» en 1202). L'occitan «argentiera » désigne une « mine d'argent ». De telles mines exis­taient sur le territoire de cette commune.

ARVIEUX (commune des H.A.) : (se disait « Arveolum » en 1311 ). Vient du substrat méditerranéen d'origine proche orientale «ar» qui désigne l'eau courante, les « torrents ».

BAISSA : en montagne, désigne un lieu où les montagnes sont assez « basses » pour former un col. A donné « La Baissasse » pour « le grand col », «La Baisse, Les Baisses» «Le Col de la Bais­sa », « La Baicho ».

BARATIER (nom de commune des H.A.) (Baraterium en 1237). De l'ancien occitan «baratier» signifiant «fripon» employé comme nom de personne (sobriquet).

BARCELONNETTE : BARCILIONNETTE: (commune des H.A.) Etait noté «Barcelonia» en 1339. Comme Barcelonnette ce village a probablement été fondé, ou reconstruit, ou augmenté, avec l'autorisation du Comte de Provence et de Barcelonne.

BAUME ou  BEAUME (La): ndl issu de l'occitan «bauma» qui désigne une grotte ou un abri sous roche. A donné les ndf « Beaume » et « Beaumier». A aussi donné les ndl « La ou les Beaumette(s) », »La Grande Beaume», «La Beaume du Mias» (du mi­lieu), « La Beaume des Glaises », « Le Beaumas » (avec l'augmentatif« -as »).

BOSCODON :  BOSC/BOSQ/BOUR/BOUCHE; : ndl d'origine occitane pour « bois ». A donné « Boscodon » (composé de « bosc » et du celtique « dun » pour « hauteur ». Autres dérivés : «Boscon» (avec le suffixe diminutif «-on:»), « Clot de la Boscq »,  « le Bosquat » etc.

BRAGOUSSE comme BRAGUSA (La): de l’occitan « bragous », boueux. Désigne un terrain mouvant.

BRAMAFAN ndl issu de l'occitan, composé de « bramar», crier et « fam », faim. C’est un endroit qui vous fait crier la faim, ou l'un crève la faim. Nom donné à plusieurs torrents des H.A. qui dévastaient régulièrement Ies cultures. A aussi donné « Col de Branfan » etc.

BRIANÇON (chef-lieu d'arrondissement des H.A.). Du thème celtique « briga » signifiant « hauteur », avec les suffixes Iigure « ant » et latin «onem ». Peut signifier «la petite hauteur qui se trouve en avant».

BRUNISSARD ou BRUNEYSSART : ndl issu de l'occitan, composé de « brun » déformation  de « brande » pour « branche, broussaille, buisson » et d’un verbe « eissartar» pour « défricher ». A donné « Brunichard » et « Brunissard ».

CALEYERE ndl issu de l'occitan « calaa » pour « rue ou chemin pavé », suivi du suffixe collectif «-iera».

CAM/CAN/CEN/CANY/GAND* sont des radicaux qui ont souvent le sens de «rocher/hauteur». La plupart du temps, ils font l'objet d'attractions par des mots usuels. On trouve, entre autres, les toponymes suivants: « Montagne de Chambeyret », « Ha­meau de Chambran », « Crête de Chamousset » (Chamosset en 1116), «Ecart de Chanteloube », «Hameau de Chantemerle» (Chantameruli en 1317),

CAR/GAR* sont des radicaux qui ont souvent le sens de «rocher/hauteur». Les toponymes qui en sont issus ont souvent été le fruit d'attraction de mots usuels. On trouve, entre autres, les toponymes suivants: « Crête de Caramagne », « Hameau de la Chirouze », « Montagne du Crachet », «Crévoux » (Crevolum en 1127), «Sommet de Garabrut»,  « Crête de Gardiole », « Côte Granet », « Col du Granon », « Eboulis des Graves », « Sommet du Sirac » (anciennement « Chirac »).

CEILLAC (nom d'une commune des H.A.). («Celiacum » en 1119). Du nom d'homme latin «Coelius» avec le suffixe «-iacum» indiquant la propriété.

CELLIER (Le)  : désigne l'endroit où se travaille le raisin pour en faire du vin. A donné « Les Celliers »

CHABRIER : ndf issu du nom de métier. Occitan pour chevrier. C'est celui qui garde les chèvres. A donné, entre autres : «Chabrière» (lieu où il y a des chèvres», « Chabrol», « Pic de Chabrières »,  Pour tous ces toponymes, qui ont pu faire l’objet d'une attraction, voir aussi la racine GAB*.

CHADENAS  : ndl issu de l'augmentatif en «-as» de l’occitan «cha­dena » pour « chaîne ».

CHAFFAL /CHAFFAUD/CHAFFAULT (Le) : Ce mot, en occitan a le sens de « échafaud ». Cependant, pour ce qui est  du nom de la rivière, il faut peut-être le rapprocher de « chafaret » qui a le sens de « bruit/vacarme/tumulte ». A donné « La Combe du Chaffal », « Le Chaffal », « Le Chaffaud », «Le Serre Chaffaut».

CHALP/CHAU/CHAUP/CHAUME : désigne un plateau rocailleux, un champ en pente (calma) avec souvent un mauvais pâturage. Commun dans les Alpes. Peut aussi, à l'inverse, représenter un lieu habité, avec un hameau, voire même un village : «Lachaup», hameau de Saint-Jacques en Valgaudemar, La Chalp de Crévoux. A donné «La Chalp», «La Chalpe», « Les Chalps ».

CHALVET: ndl composé de «chalm/calm», issu du bas latin «calmis» qui désigne une hauteur dénudée, avec le suffixe diminutif « -et ». Une «petite hauteur dénudée ». A donné « Chalve », « Chalvet ».

CHAMOUSSES (Les) : ndl issu de l'occitan pour « chamois ». A donné « Crête de Chamousset », « Col de Chamoussière » . Voir aussi la racine CAM*.

CHAMPCELLA : nom d'une commune des H.A. : (« Chancelata» au XIII siècle). Du latin «cancela terra», champ clos d'un grillage ou d'une balustrade.

CHAMPOLÉON  : nom d'une commune des H.A, qui se trouve dans le Champsaur. Provient soit du latin «campulionem », dérivé de «cumpulus», petit champ, soit de «campus livus », champ blanc. A donné les ndf CHAM­POLÉON. CHAMPOLLEON et CHAMPOLION. Pour ce toponyme, voir aussi la racine LAP*.

CHAMPSAUR : ndl qui désigne une partie de la vallée du Drau dans les H.-A. Ce nom est composé de CHAMP (voir ce nom) et de l'ancien occitan « saur », blond, signalant la richesse en céréales du Bas-Champsaur. Cette région se nommait «Campania» en 739 et «Camsaurus» en 1025. A donné le ndl CHAMPSAUR et le ndl « Les Champsaurs» (issu du ndf).

CHANCHORE : occitan alpin pour «hanneton ». A donné «Pied de Chanchore ».

CHANTE-DUC: ndl qui peut évoquer le chant de l'oiseau (voir CHANTAUS­SEL) ou être issu du radical pré-latin «kan-t» signifiant «endroit dénudé, pierreux... » et de « duc », dérivé de « tuc », signifiant « montagne » : pourrait avoir le sens de « la montagne de pierres ». A noter qu'en occitan « duc » a l sens de hibou. Voir aussi DUC*. Dans le même ordre d'idée, on trouve «Chanteloube» (la louve), «Chanteperdrix», «Chanterenne» (de l'occitan «rana» pour «grenouille »), «Chantossel» et «Chan­toussel » (de l'occitan « ausel » pour «oiseau »), « Chantemerle ». Pour tous ces toponymes, voir aussi la racine CAM*.

CHARANCE/CHALANCHE : de la racine pré-latine « kal » signifiant « pierre ». Indique un lieu en pente propice aux avalanches de pierre ou de neige. A donné entre autres : « Pic de Charance », « Les Charances », « La Chalanche » (Queyras), « La Chalanchasse » (avec augmentatif péjoratif «-asse »), «Charancette».

CHARRIERA (La) : ndf issu de l'occitan «charriera» qui désigne le chemin , la rue ou lu route carrossable. A donné le ndf CHARRIERE, ainsi que de très nombreux ndl sous les formes « La Charrière » ou « Les Charrières» comme la Charriera», « Pra Charrière» (le pré de Charrière), «Char­rierette,  «Charrierou ».

CHATEAUROUX (nom d'une commune tes H.-A.) : Etait noté «Castrum Rodulphi » en 1150, c'est à dire le « Château de Rodolphe ».

CHAULIERA (La) : ndl issu de l'occitan « chau » pour «chou». Désigne le jardin qui se trouve près de la maison et où on cultive la nourriture de chaque jour.

CHÉRINE: ndl issu de l'Occitan « escharena » qui a été attribué à une pente très raide, au flanc raviné d'une montagne. A aussi donné «Les Cherinnes». Voir la racine SCARENA*.

CHORGES: (nom d'une commune des H.A.) : s'appelait « Caturigomagnus » à l'époque romaine. Composé celte du nom de peuple « Caturige » et de « mag (n) os » pour« marché ». Au IVe siècle, le nom de peuple subsiste seul pour désigner le chef-lieu : « mansio Catorigas » en 333.

CLAP* est probablement un dérivé de CAL*. Il est probablement d’origine pré-indo-européenne et a été récupéré par l’occitan avec le sens de « pierre ». Il a donné, entre autres, les toponymes suivants : « Le Clap », « La Clape », « Le Clapier », (tas de pierres au bord du champ), « L’Alpe de Clapouse », « Pont de la Clapière », « Pic de Clapouse », « Clapassoun », « Clapeyto », « Clapisse ».

CLAPIER (Le) : ndl qui désigne le tas de pierres constitué par les agriculteurs avec les pierres qu'ils sortent des champs. Ce sont des générations successi­ves de paysans qui ont constitué ces tas de pierres qui bordent la plupart des champs. A donné entre autres : « Le ou les Clapiers », « La Clapière », «La Clapisse», « Pic de Clapouse», « Les Clapts». Pour ces toponymes, voir aussi la racine CLAP*.

CLAUS (Le) : vient de l'occitan « clos » pour «enclos/espace de terre cultivée enclos de murailles ». A donné entre autres : « Le Claus », « Coste Clause », « CIausel », « Les Claux », «Pré Claous», «Clauset», «Clausis», « Clausonnette »

CLOS (Le, Les) : pour « fermé » lieu généralement situé au fond d'une vallée. A donné « Le Clos », « Les Clausas ». « La Cluse ». «Clausonne » (lieu fermé), «Les Clavelas» (fermés à clé).

CLOT : Du pré-celtique « KLOTTH », c'est un mot occitan pour « plat ». Un terrain «clot» est un terrain plat. C'est souvent un replat sur un versant ou un terrain plat en montagne. Le ndf CLOT désigne le propriétaire de la maison proche d'un tel terrain ou du terrain lui-même. A donné le toponyme «clot» qu'on trouve partout et «Le Clot du Bayle» (le replat du chef des bergers), «Le Cloutas», « Clouton », «Le Clouat », «Clotagnier» (peut-être «le clot à Agniel»), «Serre Clotel », « «Clotinard » (le clot d'Isnard), «Clo­tonodoux » (clot au n-Odoux).

COMBE (La) : ndl issu de l’occitan « coumba », venant du celte « cumba » désignant un ravin où coule un ruisseau. C’est aussi une vallée ou une partie de vallée très resserrée et par suite peu habitée. A donné de très nombreux mots dont la première partie renferme « combe ». Exemples : « Combeau » (combe située « en haut », en altitude), « Combefer » (la combe sauvage), « Combescure » (la combe obscure), « La Combe du Vent », « La Combette » (diminutif), « La Combasse » (augmentatif), etc.

COUPA (Serre) : ndl issu de l'occitan pour «Serre Coupat» c'est à dire une colline qui a un plateau au sommet.

CRACHET (Montagne du) : ndl de sens inconnu issu d’une attraction. Voir la racine CAR/GAR*.

CRESPIN : ndl issu d'un sobriquet d'origine physique attribué a un homme crépu. Le « crespin » était aussi, en occitan, le petit panier dans Ie quel les cordonniers mettaient leurs outils. A noter que Saint Crépin (Sant Crespin) est le patron des cordonniers. A donné « La Crespine » (peut avoir le sens de « chance »).

CREVOUX (nom d'une commune des H.A.). Etait noté «Crevolum» en 1127, «de Crevolis» au Xllle siècle. D'un thème pré-latin «crev», variante de «crav » signifiant pierre, rocher, avec le suffixe pré-latin «-olis ». Voir aussi la racine CAR/GAR*. Les habitants s’appellent les « Crévolins »

CROTS: (nom d'une commune des H.A.). (Las Crotas en 1142). Ancien­nement « les Crottes ». De l'occitan « crota » désignant une grotte on une cave voutée.

DOR/DUR* sont des racines hydronymiques parmi les plus anciennes (qui ont le sens de «eau ». Dans les Hautes-Alpes, on trouve les hydronymes suivants qui en sont issus : « Le Brudour », « Torrent du Dourou » (ou « Courou »), « Le Drouzet » (affluent du Petit Buech), «La Durance » (anciennement « Drouenlia » - Strabon), « Le Drac » (occi­tan « Drau ») dans le Champsaur.

DORMILLOUSE : Ce nom de lieu a pour origine le radical d'origine méditer­ranéenne DOR/DUR* qui a le sens de «montagne, rocher». Par la suite, il y a eu attraction de l'occitan « dormilhosa » qui désigne la « marmotte » et peut désigner un lieu habité par les marmottes. A donné « Dormillion », «Dormillon», « Dormillouse», «Crête de Dormillouze». Voir la racine DOR*.

DOURIOUX (Les)  : ndl issu du ndf pour «Dau Riu » (dou riou), c'est à dire «du ruisseau». La maison de la famille devait se trouver à coté du ruisseau ou du torrent.

DUC/JUC/SUC/TRUC* sont des racines toponymiques probablement d'origine alpine (ouralo-altaïque) ayant le sens de « hauteur ». En occitan, le mot « suc » a le sens de «sommet du crâne ». Le « truc » est une « pierre ». Dans les Hautes-Alpes on trouve entre autres les toponymes suivants qui semblent en être issus : «Montagne de Chanteduc », «Ecart des Ducs », « Les Ducs », « Serre des Ducs », « Hameau des Truchets ».

DURANCE : nom de la rivière qui va de Montgenèvre au Rhône. Etait nommée « Druentia» du temps des romains. Son nom est issu du radical d'origine méditerranéenne «dwr» qui a le sens de «eau, rivière». A donné «La Durancette ». Voir aussi DOR/DUR* et DOUR*.

ENTRAIGAS : ndl de l'occitan et qui désigne un lieu qui se trouve «entre les eaux». A donné «Entraigue(s)».

ESCART (un) : même sens que le français « escarre ». Ce sont des fentes, des crevasses dans le rocher. Peut aussi désigner un lieu qui se trouve « à l’écart du village ».

ESCRINS (Les) : probablement du radical celte « craig » signifiant « rocher » qui a donné «La Barre des Ecrins », «La Vallée d'Escrins », « Creyers », «Crévoux ».

EYGLIERS Etait noté «De Eigleriis» au XIIIe siècle. Paraît venir des noms de montagnes proches portant le même nom comme « Eyglier », et « Eygalière ». Le thème « aiga » (eau) semble présent.

FACHINS (Les): ndf issu de l'occitan avec le sens de «charmeur, faiseur de sortilèges».

FAL/FAR/FEL/FER/VAL/VAR/VEL/VER* sont des racines toponymiques qui ont parfois le sens de « hauteur/rocher. On trouve les toponymes suivants qui semblent avoir cette signification : « Bois de Faravelle », « Commune de la Fare-en-Champsaur », « Rocher Ferrand », Vallon du Fournel », etc.

FARAVEL : ndf issu d'un nom de localité d'origine : Faravel dans la Drôme. Ce mot semble être constitué de « fara », mot d'origine germanique qui a le sens de « domaine, maison »et « vel » qui semble venir de « velle/ville/vila ». C’est à dire Ie nom d'origine latine pour « domaine ». A donné « Montagne de Faravel », « Faravelle ». «Coste Faravelle » (Côte qui appar­tient à Faravel) et probablement « Faravet ». Pour ces toponymes qui peuvent faire l'objet d'une attraction, voir la racine VAL*.

FAY : a le même sens que FAU et FAOU « le hêtre »). A donne, entre autres : « Le Pré du Fay », « Fayard », « La Faye », Les Fayes », « La Fayette », «La Fayol(I)e» , «La Fayonne». A aussi donné les ndf «Fay», « Fayet », «Fayette », « Fayolle », « Fayot».

FAZY : ndf issu d'un diminutif de Boniface, lui-même dérivé du latin « bonifa­cius », c'est à dire « qui a un bon destin ». Il fut popularisé dans notre région par St. Boniface de Saint-Paul-Troix-Châteaux dans la Drôme. A donné « Les Fazies ».

FOREST (Ie) : Vient du latin « foras », dehors, et de l'occitan « fora » : « hors de », désigne une construction (chalet) servant d'abri aux troupeaux en dehors de la ferme. Ils sont généralement implantés entre I'habitat permanent et les zones de l’estivage. Désigne plus spécialement l'étable dont le soubas­sement est en pierre et le haut en bois situé dans les alpages. Ne pas confondre avec « la forest », la forêt, (qui n'existe pas dans les H.A., et se dit « bosc »). A donne entre autres « Le Forest », « Les Forests », « Le ou les Forestier(s) », « La Fores­tière », « Les Forestons ».

FREISSINIERES : (nom d'une commune des H.A.). Etait noté «Freyseneria» en 1210. Composé de «Fraisse» (frêne) avec le collectif « -ièra».

FREISSINOUSE (La) : (nom d'une commune des H.A.). Etait noté « Fraisi­nosa » en 1245. Composé de « Fraisse » (frêne) avec le collectif « -osa ».

FUMORAS: ndl qui a un lien avec le fumier et qui peut désigner un dépôt de fumier ou une terre fumée,...

GGAB/GAV/JAV/JAV* sont des radicaux qui ont le sens de «ravin/gorge/rivière encaissée,...». Ils ont naturellement subi l'attraction des mots proches et surtout de l'occitan « cabra/chabra » pour « chèvre ». Dans les Hautes-Alpes, ils ont donné, entre autres, les toponymes suivants : « Col de Cabre » (qui fut écrit « Gaura mons »), « Col de la Cavale », «Hameau du Serre des Chabrands »,  « Montagne de Chabre », « Crête de Chabreret », « Roc de Chabrier », « Pic de Chabrières », «Serre Chevalier», « Ravin de la Gavie », «Ravin de Givadan» (ou Givaudan), « Chalet Jevaudan », «La Juberne».

GAILLARD : ndf issu d'un ancien sobriquet ayant le sens de «audacieux/ vaillant/courageux/plein d'entrain». A donné «Les Gaillardes», « Gaillardette ».

GAP : nom du chef-lieu des H.-A. Ce nom est la forme abrégée « vappum », de «vappincum»). La racine prélatine «wap», probablement d'origine li­gure, a le sens de « cours d'eau/lac/marais » et le suffixe « incum », de même origine, avait le sens de «possession/dépendance/provenance». A l’origine, Gap aurait donc été un lieu remarquable par sa dépendance marécageuse. Certains noms de lieux gapençais comme « Palud » ou « Sagnières » semblent le confirmer. A donné « L'Adroit de Gapian ».

GARCIN : ndf issu de la forme ancienne de « garçon » ayant le sens soit de « fils de », soit de « employé », ou encore de « petit homme jeune ». A donné « Les Garcins », « Les Garcines », « Les Garcinets », « Col de Garcinel «  (voir aussi la racine CAR/GAR*).

GARDE/GARDETTE/GARDIOLE : ndl issu de l'occitan «gardar», garder. Lieux situés en hauteur qui permettent de surveiller. Ce sont aussi des lieux qui servent de pâturages pauvres où l'on garde les troupeaux. A donné entre autres « La Gardelle », « La ou les Garde(s)», « La Gardette », « La Gardiole», « La Garduole », ainsi que les ndf GARDIE et GARDIOL. Pour ces toponymes qui peuvent faire l'objet d'une attraction, voir aussi la racine CAR/GAR*.

GENDRE : ndf issu d'un lien de parenté devenu ndf et qui a désigné la personne ayant hérité de la maison de son beau-père. A donné « Les Gendres ».

GUIL/GIL : nom de rivière issu du radical pré-celtique «gar» qui désigne « l'eau ». A donné « Le Guil » (affluent de la Durance), « Les Gillardes » (pour, « grosses eaux » dans le Dévoluy) et probablement «Guisane ».

GUIILLESTRE : (nom d'une commune des H.A.). Etait noté «Guillestra» en 1119. Voir GUIL. Avec le suffixe «-estre», issu du latin «extra », pourrait signifier «hors de l'eau».

HIVERNET : ndl qui vient de l'occitan «ivern/uvern (avec suffixe diminutif en «-et») pour «petit hiver» et désigne un lieu froid.

IZOARD : ndf issu d’un nom de personne d'origine germanique « Isoward » composé de « isan », fer et « ward », gardien. A donné « Col d' Izoard ». « Champ Izoars », « Combe d'lsoard ».

LACHA (La) : occitan alpin pour « laiche », plante marécageuse. A donné « La Cha », « Lacha », « La Lacha ». Peut aussi être issu de « lachaa » pour « petit-lait ».

LAP/LEP/LIP/LUP*  sont des radicaux qui, dans l'antiquité, avaient le sens de «dalle de pierre/hauteur/ravin/éboulement». Ce radical a été gardé, entre autres, dans le français « lapider». Dans les Hautes-Alpes on le trouve entre autres dans « Champoléon » (Champolivus en 1377), « Col du Galibier» (Galaubié en 1183), «Cime des Lausaces », «Sommet de la Lausette », «Bois du Lauzerot», «Crête du Lauzet», «Tête de la Lauzière », «Tête de Lauzon », « Rocher de la Lavine », « Rocher de Chantelève», « Commune de Villar Loubière », «Pas du Loup », « Bois de la Lozière ».

LAUS (Le): occitan pour lac/étang/mare assez importante». A donné entre autres « Serre du Laus », « Le Lauzerol », « Le Lauzet». « Le Lauzeron », « Le Lacas » (le gros lac), « Le Lauzon » (le petit lac), « Les Lausaces » (augm. en «-as »).

LAUSE (La) : en occitan, le mot « lausa »  désigne une dalle en pierre. Il est cependant possible que dans certains cas le mot «  lause » soit un dérivé de « laus » pour « lac» et signifie alors « lac » ou « marécage ». A donné entre autres « Le Béal des Lauses » (le ruisseau des marécages), «Cime des Lausaces» (les grosses lauses), « la Lausette » (diminutif en « -ette », «Tête des Lausières ». Pour ces toponymes, voir aussi la racine LAP*.

LAUTARET (Col du) : nom issu du radical «altus», haut/élevé. Fréquent dans les Alpes. A le sens de «passage/col ». Le Lautaret du Briançonnais se nommait « alturetum » ou « altareolum » en 1091. A donné « Le Lautaret » ainsi que le ndf LAUTARET.

MANIN : ndf issu de l'occitan qui peut avoir le sens soit de «chaudronnier» ou encore, s'il vient du Languedoc, de «petit» (il est issu du latin «minime» qui a le même sens). A donné « Les Manins »

MARCELIN/MARCELLIN : ndf issus du Iatin «Marcellinus», diminutif de « Marcellus ». Ce nom a été popularisé par plusieurs saints dont un pape martyr sous Dioclétien et Saint Marcellin premier évêque d'Embrun. A donné « Saint-Marcellin », « La Marcelline », La MarcelIerie » et « Les Marcellons ».

MARLES : ndl qui a la même origine que MARNE : qui  vient du gaulois «margila» qui désigne une roche sédimentaire argileuse utilisée pour fabriquer le ciment.

MÉAN/MIAS/MIA/MÉALE (Le/La) : occitan pour, « moyen », « qui se situe au milieu de », « mitoyen » ou encore « indivis ». A donné entre autres« Le Clot des Mias », « Les Méans » (groupe de maisons entre Ancelle et Rouane), «Casse Méande », «Côte Méane »,  «Roche Méane ». A aussi donné le ndf MEAN issu du nom de la propriété.

MEAN (Le) : peut aussi signifier « bercail ».

MÉLÈZE : ce nom d'arbre a des formes différentes en occitan comme « Mèle », « Mèuse », « Mèuve », « Mèlze », ou encore « Meare ». Ces formes ont donné les toponymes suivants : « Le Mélézai », « Le Mélézein », « Cime du Mélézet », « La Méliasse », « Les Mélières ».

MOLINES EN QUEYRAS (nom d'une commune des H.A. et d'une ancienne commune du Champsaur). Etait noté « Molini » en 1345. Il s'agit d'un lieu où fonctionnaient des moulins à eau (on en voit encore les ruines à Molinea en Ch.). A donné «Les Moulinières», «  Les Moulins Combals» (de la combe). «Porte Morine» (la porte du moulin), «Milines».

MONTMIRAIL : ndl composé de « Mont » pour « montagne/pâturage » et de «miralh» pour «miroir» («mirar» étant le verbe occitan pour «regar­der»). Peut indiquer un lieu d'où on a une belle vue.

MOR/MOUR/MUR* sont des racines toponymiques qui ont le sens de « monceau de pierres, butte rocheuse, montagne ». Dans les Hautes-Alpes, on trouve entre autres les toponymes suivants qui semblent avoir cette signification : «Sommet de Puy Maurel», « Montmaur» (Bastida Mun­tismauri au Xlle), « Montmaurin » (Monti; Maurini en 1242), « Combe Morelle », « Pic de Morgon » (Morgono en 1296), «Crête de Moulière», «Rocher Mou­Ion », « Hameau de Mourenas », « Sommet de la Mouretière », « Sommet de  Mourre Froid», «Cros du Muret», « Hameau de Pramorel », « Puymaure » (Podim Mauronum en 1224).

MORGON : nom de la montagne qui s'élève à l'est de Savines. Etait noté « Montanea de Morgon » en 1278. Désignait le pâturage de « Morgon » qui est un diminutif en «-on» de l'ancien occitan «morga» pour «religieuse». La même racine a probablement donné «Barre de la Morgue». Voir aussi la racine MOR*.

MOT/MOUT* sont des racines toponymiques qui ont le sens de élévation/colline. Dans les Hautes-Alpes, on trouve les toponymes suivants qui semblent avoir cette signification : « « La Motte en Champsaur », « Montagne de la Motte », « Col du Moutas », « Roche de la Moutière », « Cime des Moutières », (Molines-en­Champsaur).

MOURE (La) : vient de l'occitan «moure » pour «groin», «fig­ure ». La montagne en question ressemble-t-elle peut-être à une figure humaine ou animale? A donné «Le Mourre-Froid» (la montagne froide), «Le Mourre-Fred» dans le Briançonnais, «Le Mourre-Pouchu» en Piémont, « La Pointe de Haut-Mouriare » et le ndf MOURRE. Voir le radical MOUR*.

MUANDES (Vallon des) : vient de l'occitan «muanda» (de «mudar», changer), désigne les pâturages d'été dans lesquels Ies moutons se dépla­çaient. Désigne aussi la cabane du berger. A donné « La Muandasse ». « La ou les Muandes » (commun).

OREL, (Mont) (129) : ndl issu de l'occitan AURA (« vent ») et qui a pu faire l'objet dune attraction : voir aussi la racine DOR*.

ORRES (Les) (nom d'une commune des H.A.). Etait noté «de Orreis» en 1105. Se dit « les Ueris » en occitan alpin. Du latin « horreum », grenier, dépôt de blé.

OSSEL (Pique) : ndl issu de l'occitan «auceu/aucel». Désigne un lieu fréquenté par les oiseaux. A donné « L'Osselin ».

OULES (Les), LES OURES : à rapprocher soit de l'occitan «ola» qui désigne la «marmite » quand ce toponyme se trouve sur un cours d'eau. Il désigne alors un trou dans la rivière : A par exemple donné « Les Oules du Diable » à la Chapelle en Valgaudemar. Peut aussi venir de l'occitan « aura », qui désigne le vent. Voir AURA. Certains mamelons sont désignés par «oura» parce qu'ils ressemblent à une marmite renversée. A donné entre autres «Les Oules», « La Montagne d'Oule », « Clot de l'Oulière », « La Montagne des Oules », « Champ d'Oura ». Ces toponymes ont pu faire l'objet d'une attraction. Voir aussi la racine DOR*.

PAL/PEL/PAR/PER* sont des racines toponymiques (qui ont le sens de «hau­teur/rocher». Dans les Hautes-Alpes, on trouve entre autres les toponymes suivants (qui semblent avoir cette signification : «Cime du Paillon »,  «Crête de Palavar », «Rocher de Palette», «Col de Parpaillon ». « Mont Pellegrin, «Tête du Pelvas », « Sommet du Pelvoux », « Sommet du Pervou ».

PEN/BEN/VEN* sont des racines toponymiques qui ont le sens de « montagne/ hauteur/ rocher». Dans les Hautes-Alpes, on trouve entre autres les toponymes suivants qui semblent avoir cette signification : « Sommet des Banards », « Hameau des Bannettes », « Sommet des Bannettes », «Pic de Panestel», «Tête de Paneyron », «Hameau des Peines », « Sommet du Penas », «Crête du Penous», « Commune de Ven­tavon » (Ventaio en 1140) (village perché), « Veynes » (Venavella en 739 pour Vena Villa et probablement Venettum en 1100) .

PALUD (La) : occitan pour désigner le « marais », et plus spécialement un ancien marais mis en culture. A donné entre autres « Palluel » (le petit marais), « La Pallud », « La Pallue », « La Montagne Palueu » (le pâturage de Palluel), « Le Palun » (le marais), « Le Palus ». A aussi donné le ndf PALLUEL, qui désigne la personne qui habite près du marais.

PARPAILLION (Col du): vient de l'occitan «parpalhoun» pour «papillon». A aussi donné «Il Parpajon Rima» en Piémont, «Ravin Parpaillon », «Col de Parpaillon ». Ces toponymes ont fait l'objet d'une attraction. Voir la racine PAL*.

PELAT: ndl issu du ndf. Voir PELLAT. A donné « Serre Pela ». Ce pourrait aussi être le participe passé du verbe «pelar» et désigner un lieu «pelé », c'est à dire sans végétation. PELLAT : ndf issu du participe passé du verbe occitan « pelar » pour « enlever les poils ou les cheveux ». C'est le surnom attribué à un chauve. A donné « Coste Pella » (peut aussi être une côte où rien ne pousse), « Fouent Pella», «Serre Pellat».

PIBOU/PIBOLA (Le/La) : vient de l'occitan «piboul/piboula» pour «peuplier » A donné entre autres : «Le Pibou » , «Les Pibous », «  La Piboure», «Les Piboules», «Le Piboulier», « Piboulet », « Les Piboulas », « Pibounet ».

PICONTAL. (t)-15) : ndl, peur « Puy Contal », c'est à dire la «colline de Conte».

PISSA (La) : occitan pour « cascade », et par extension un lieu où il y a de l'eau. A donné entre autres « Le Pissal », « Les Costes Pissantes », « Les Pis­sards », «La Pissarotte », «Pissavouire », La Pisse», «Champ Pissous», « Les Pissous»,  « Le Pissas » (la grosse cascade), « Pissandrieux » (la cascade des Andrieux).

POET (Le)  (nom d'une commune des H.A.). Etait noté «De Poyeto » en 1280. Composé de « Puy » (voir PUY), avec Ie suffixe diminutif «-ittum », devenu «-et ». A aussi donné « Le Poét » (hameau de Pelvoux »), « Le Poët Morand» (propriétaire).

PONTIS : ndf issu d’un nom de la localité d’origine, Pontis, dans les Alpes-de­-Haute-Provence. En occitan, le « pountis » désigne le petit pont en plan incliné qui mène à la grange ou encore le balcon qui se trouve au premier étage devant la porte d'entrée de la partie d'habitation de la maison.

PRAVEYRAL : de VEYRES (Les) : vient de l'occitan «veire» qui désigne une terre inculte qu'on a laissé en friche. A donné « Pra Veyra », « Le Veyras », « Pré de Veyras », « Prés Veyraux », « La ou le Veyre », « Pra du Veyre », « Serre du Veyre», « Les Veyres», « Le Veyrier». A donné le ndf « VEYRE» qui, à l'origine, désignait celui qui habite une terre inculte. A aussi donné «Aiguille du Veyre», «Crête des Veyres». Ces toponymes ont pu faire l'objet d'une attraction. Voir la racine VAR/GAR*.

PUY : ndl qui est issu du latin « podium » et désigne une hauteur, une montagne au sommet arrondi. A donné entre autres «Le Puy », « Peymian » (la montagne moyenne), « Pied Brun » (la montagne sombre), «Piègue» (la montagne pointue), «Pienault» (la montagne haute), «Pimouget » (la montagne des moines), « Pelleautier » (la montagne de Léautier), «Trepiosaux » (derrière la haute montagne), « Pierrond » (la montagne ronde), « Puy Servier» (la mon­tagne des cerfs). « Puy Sagnières » (la montagne des marais), « Picomtal » (la montagne du Comte), « Piponson » (la montagne de Ponson), « Le Poët » (commune des H.-A.), « Puymaure » (la colline sombre), « Puy de Manse » (ancienne « mutatio » romaine). Ces ndl ont probablement fait l'objet d'une attraction.

QUEYRAS (Le): vient de la racine pré-latine « ker» pour « pierre » suivi du suffixe augmentatif «-as». D'après une inscription antique, cette vallée fut habitée par la peuplade des «Quariates» avant l'ère chrétienne. A donné le ndf QUEYEAS ainsi que «La Queyra», « Champ Queyras », « Les Queyras » (du ndf), « La Queyraye».

RAB/REB/RIB/ROB* sont des racines toponymiques probablement pré-indo-européennes qui ont le sens de hauteur/rocher. Dans les H.A., on trouve les toponymes suivants qui semblent en être issus : « Hameau du Rabioux » (Rabiosum en 1248), « Village de Rabou » (Rabaonum en 1188), « Villar Robert », « Torrent Robert », (affluent de la Séveraisse), « La Robéyère « (Robeyria en 1513).

RABIOUS/RABIOUX : nom de plusieurs torrents très dangereux. L’occitan «rabious» a le sens de «enragé». Voir aussi la racine RAB*

RAC/RAG/REC/REL/RIC/ROG/ROI/RU* sont des racines toponymiques qui semblent être issues de RANC (voir ce mot). Dans les Hautes-Alpes on trouve entre autres les toponymes suivants (qui semblent en être issus : «Plateau des Egarets», «Col de l'Eychassier», « Village d'Eygliers » (Eigleriis au XllIe), «Cime du Rachas», « Village de Réallon» (Realonum en 1269), « Hameau de Recours» (Rocos en 1120 et Rochos au XVe), « Crête de Reychasse », « Col de Reyssas », « Hameau des Richards », « Hameau des Ricoux», « Crêtes de Rougnons », « Sommet des Scies».

RANC* est une racine toponymique probablement pré-indo-européenne qui a le sens de «écueil/rocher ». En occitan, ce terme a toujours ce sens. Dans les Hautes-Alpes, on trouve les toponymes suivants qui semblent en être issus : «Sommet de Punta Ramière », «Côte du Ranc », « Ranc Besson », « Passage des Ranchier », « Fort du Randouillet», « Hameau des Ranguis », « Hameau des Rencuraux », «Hameau des Tourengs».

RATEAU (Le) : ndl topographique souvent attribué à une montagne qui a la forme d'un râteau (occitan : rasteu). A donné «Le Râtelier», «La Ratelle», «Montagne de la Ratelle» « Ratelon » (diminutif en « -on »). Ce toponyme a pu faire l'objet attraction. Voir la racine RAS*.

RAUFFE : ndl issu du prénom de forme savante « Radulphe » qui a la même origine que RAOUL. A donné « La Rauffe », « Les Rauffes ».

RAS/RAT/RAZ/RED/ROD* sont des racines toponymiques d'origine prélatines dérivées de CAR et GAR et ont le sens de «hauteur/rocher». Entre autres les toponymes suivants qui semblent en être issus : « Rocher du Raisin », «Pente de la Rascla», « Pointe Rasin », « Crête, Pointe, Col de Rasis », « Montagne de la Ratelle », «Aiguille du Ratier», « Montagne du Raton », « Montagne de Razis», «Commune de Réotier» (Mons Reorterius au XIIe), «Commune de Risoul » (Risols en 1119).

RÉAL (Le) : ndl issu de l'occitan « rial » pour « ruisseau ». A donne Le Réalet ». Ce mot peut aussi avoir le sens de « royal », indiquant que le lieu en question a appartenu au roi.

RÉALLON  (commune des Hautes-Alpes). Réallon était noté « Rialonum en 1290. Vient du latin « riv, -ale » pour« ruisseau» suivi du suffixe diminutif «-onem». A donné le ndf REALLON qui est issu du nom de la localité d'origine. A aussi donné le ndl «Les Réallons». Ce toponyme a pu faire l'objet d'une attraction. Voir la racine RAC*.

REISSA/RESSA : ndl occitan pour «scie ou scierie». A donné entre          autres «Col de Reys­sac », « Coste Reys­sasse », « Le Reyssasse ». Ces toponymes ont pu faire l'objet d'une attraction. Voir la racine RAC*.

REOTIER voir RAS*

RISOUL voir RAS*

RISTOLAS (120) (nom d'une commune des H.A.). Etait noté «Ristolacium» en 1265. Vient peut-être du nom de personne germanique «Risto/Rusto» suivi du suffixe «-ar» indiquant la propriété.

ROBEYÈRE: (La) : ndl issu d'une transformation phonétique de « raba» (rave). Indique un lieu où poussent les légumes. Ce toponyme a pu faire l'objet d'une attraction. Voir la racine RAB*.

ROCHE-DE-RAME (La) (nom d'une commune des H.A.). Etait noté « Rupes » en 1296, «Rama» au IVe siècle. Emplacement d'une ancienne station romaine nommée «Rama» dans les itinéraires. Nom obscur.

ROUSSE (Pic de Roste) : ndl issu de la couleur. A aussi donné « Col de la Rousse », « Les Rousses ». Ces toponymes ont fait l'objet d'une attraction. Voir la racine ROUX/ROUSSE*.

ROUX/ROUSSE* sont des racines toponymiques qui semblent être issues de RANC* (voir ce mot). Dans les H.A. on trouve entre autres les toponymes suivants qui semblent en être issus : « Sommet des Rouies » (Le grand Roux au XIXe), « Rocher de Roure », «Col de la Rousse », « Hameau des Rousses », « Commune de Rousset » ( Rossetum en 1050), « Tête du Roux ».

SAGNA (La): issu de l'occitan «sagna» qui désigne une plante qui pousse dans les marais et par là, un terrain humide et marécageux. Entre autres a donné « Sagna Longue », « La Sagnarde, « Sagnasson », «La Sagne », « Les Sagnères »,  «La Sagnette» (diminutif).

SAINT-ANDRE-D'EMBRUN (commune des H.A.) : Etait noté « S. Andreas » au XIIIe siècle. Vient du grec « Andreas » et désigne l'un des apôtres du Christ ainsi que plusieurs saints.

SAINT-APOLLINAIRE  (commune des H.A.) : Etait noté «S. Apolinarius » en 1352. Vient du nom d'un évêque de Valence mort vers 520.

SAINT-SAUVEUR (commune des H.A.) : Etait noté «S. Salvator au XIIIe siècle. Epithète mystique de Jésus-Christ.

SAINT-VERAN (commune des H.A.) : Etait noté « S. Veranus » en 1311. Evêque de Vence au Ve siècle. Evêque de Cavaillon au VIe siècle. A donné « Draye de Saint-Véran ».

SALETTES (Les): ndf issu du diminutif en «-ett » de SALLE. Voir ce nom. A aussi donné « Cabane de la Salette », « Fort des Salettes (023). «Les Salettes» qui ont pu faire l'objet d'une attraction. Voir la racine SAL*.

SALLE : ndf issu du germanique « sala » qui désignait une demeure importante ayant une grande pièce. A pu désigner le propriétaire d’une telle maison. A aussi donné « La Salle », « Salle », « Torrent des Salettes ».

SAK/SEK/SIK* sont des racines toponymiques d’origine pré -indo-européenne fréquentes dans le bassin méditerranéen, ayant le sens de « hauteur/rocher». Dans les H.A. on trouve entre autres les toponymes suivants qui semblent en être issus : « Montagne de Céüze » (Secussia en 1288), « Hameau de Sachas » (Sachassium en 1344), « Pic de Séguret », «Village de Sigottier» (Cigoterium en 1100), «Village de Sigoyer» (Cigoier en 1121), «Hameau de Siguret» (Siguretum en 1387), «Vallon de Siguret » (alpape) (Siguretta en 1458).

SAL/SIL/SEL* sont des racines toponymiques qui ont le sens de « pierre/éboulis/ hauteur». Dans les H.A. on trouve entre autres les toponymes suivants qui semblent avoir cette signification : «Commune de la Batie-Montsaléon» (jadis noté « Seleuco»), « Saléon » (Celedone en 1100, « Rocher de Saléran », « La Salette » (site rocailleux), « Fort des Salettes » (éboulis), « Hameau des Salettes», «Côte des Salières», « Commune de La Salle » (Sala en 1118), « Forêt de Saluces» (Salusse au XVIIe), « Rocher du Sellaret », « Col des Sellettes», « Torrent de la Souloise» (Celosie et Soloysia au XVIe) dans le Dévoluy.

SAUMA (La) : occitan pour désigner l'ânesse. A donné « La Saume», «Colla Sauma », « Pré la Saume», « Champ la Saume», « Longue Saume », « La Saumette ». « Saumanne ». Attention : ce toponyme peut aussi être utilisé dans le sens crête, par allusion à la forme rappelant le dos de l'animal.

SAUZE (Le) (Commune des H.A.) : Etait noté «de Salcetis» en 1155, « Salix » en 1218. Vient de l'occitan « sause » pour « saule ». A donné « lou Sauze Rima» (le saule brûlé), «Le Sauze», «  Fontaine du Sauze», «Les Sauzières» (bois de saules).

SAVINE : ndf issu du nom de localité d'origine, Savines dans les Hautes-Alpes, la Savine dans le Jura ou ndl qui vient de l'occitan « sabina » qui est une sorte de genévrier. II est aussi possible que la région de Savines (Hautes-Alpes) ait été habitée par la tribu des Savincatii qui y vécut avant le début de l’ère chrétienne... A donné «Savinas», «Savines-le-Lac».

SAVINES-LE-LAC (Commune des H.A.) : Etait noté «Mandamentum Sabine» en 1316. Voir SAVINE.

SCARENA est une racine toponymique qui a le sens de « escarpement/ravin ».Dans les H.A. on trouve entre autres les toponymes suivants qui semblent avoir cette signification: « Hameau de Chérines », (Charine en 1272, Charina en 1420), « Valon Echarasson », « Bois d’Eycharennes » (Lescarena en 1169), « Crête de l’Eyssarrassou » (Scharena en 1406), « Ravin et Torrent de L’Eysserenne ».

SERRE : ndl occitan pour désigner la «colline» souvent de forme allongée. A donné entre autres « Le ou La Serre », « Serre des Aures » (colline ventée), « Serre Glaud » (Serre de Claude), « Serre-Chevallier », « Le Sarret », « Le Serret »,  « Serre Alloi » (de l'Alleu), « Serre Claux », « Serre Siblant » (sifflant).

SERRE PONÇON : viendrait de PONS ? : ndf issu d'un nom de baptême issu du latin « Pontius » popularisé entre autres par Saint Pons martyrisé à Cimièz près de Nice au IIIe siècle. A donné «Pré de Ponce», «Pic Ponson» (diminutif en « -on ») (La Montagne de Ponson), «La Ponsonnière» (lieu d'habitation de Ponson).

SIGURET : Etait noté «Siguretum» en 1387. A donné «Siguret», « Vallon de Siguret». Vient du radical Pré-latin «SIG» pour «hauteur de rocher». Voir aussi la racine SAK*.

SOULIÉ/SOULIER : ndf issu du latin «solerium», ensoleillé, désigne une grange à fourrage ou un lieu où on prend le soleil. Peut aussi être un nom de lieu d'origine fréquent dans le Sud de la France. A donné «Souliers», « Soleillet », « Soleil Boeuf ».

TOL/TOUL/TUL/TOUR/TUR/TAUR* sont des racines toponymiques anciennes qui ont le sens de «hauteur». Dans les Hautes-Alpes, on trouve entre autres les toponymes suivants qui semblent avoir cette signification : « Village de Tallard », (Talarno en 739), « Chalets de la Taure », «Col des Thures», « Hameau des Tourengs » (Turins en 1529), «Col de Tourette», « Hameau de Tournoux », «Quartier de la Tuilière» (Tueria en 1385), « Hameau des Turins » (Torena en 1166).

TOUISSA (La) : vient de l'occitan «touissa» pour «buisson/bosquet/ré­serve de bois entre les défrichements ». A donné entre autres « La Touissa », « La ou Les Tuisse(s)», «Le ou Les "Touissas», « La Touissite ». « Le Touiste », « Les Touissons », « La Touche ».

TOURET : ndl qui peut désigner un monticule qui a été aplati au sommet. C'est aussi un ndf issu du surnom donné à celui qui travaille au tour. A donné le « Touret », «L'Eau du Touret », «Tourette»,  «Col de Tou­rette » qui ont pu faire l'objet d'une attraction. Voir la racine TOL*.

UBAYE (L'): ndl issu du ndf ou du surnom attribué à une personne originaire de la vallée de l'Ubaye. Ce nom est probablement issu d’un substrat méditerranéen d'origine proche orientale qu'on retrouve en basque où «ur» signifie « eau ».

VABRES (Les) : vient de l'occitan «vabre» pour «fossé/excava­tion ». A aussi donné « La Valabre ».

VAL/VALLEE : vient du latin « vallis » et désigne l’intervalle que laissent entre elles deux chaînes secondaires de montagnes. A donné entre autres « Val Fourane » (la vallée extérieure), « Val -des-Prés », « Val-Belle », « Valpute » (vallée infectée : c’était le nom de la Vallouise avant qu’elle ne porte celui donné en l’honneur de Louis XI, « Valgaudemar », (du  nom de son premier seigneur) (voir ce nom), « Orpierre » ( de Vallis Peyrosa), « Laval », « Valserres » (Vallée resserrée), « Vaucluse » (vallée fermée), « Vaunières » (vallée noire), « Vaugele » (vallée gelée), « Valpréveyre » (du pré vert).

VALGAUDEMAR (Valgaudemar en 1224) : mot composé de trois termes : «Val» pour vallée, du germanique « GAUD » (pour « WALDO », gouverner) et « MAR », forme méridionale de «célèbre». «Godemar fut l'un des derniers rois burgondes. II fut vainqueur de la terrible armée des Francs à Vézeronce dans l'Isère en 524 et finalement fut défait par eux dix ans plus tard. C'est alors qu'il se serait retiré dans la vallée qui porte son nom. »

VALLOUISE  (commune des H.A.) : Etait noté « Vallis Gerentonna » en 739 - du nom du torrent de la Gironde qui l'arrose -, « Vallis Puta» en 1228, « Vallis Loysia » en 1486 (du nom de Louis XI qui par des lettres de patentes de 1478, avait fait cesser les persécutions exercées contre les vaudois qui habitaient cette vallée). Voir VAL.

VAR* est souvent une variante de GAR* (voir ce radical) et a le sens de « hauteur, rocher». Dans les Hautes-Alpes, il a pu donner les toponymes suivants «Crête de Palavar», «Pointe de Verdonne», «Colette (petit col) Verte», « Aiguille du Veyre», « Crête des Veyres », «Rocher des Veyres».

VARS  (commune des H.A.) : Etait noté «Varsea» en 1101, «Vars» en 1182. Vient du pré-celtique « var », signifiant «rocher». A aussi donné «Varsi», «Varsie» (avec le suffixe «-ia» qui est un collectif), « Varces ».

VEYNES  (nom d'une commune des H.A.) : Etait noté « Venavella » (pour Vena Villa) en 739, probablement «Venettum» 1100, «Veene» en 1150). Semble venir de la racine pré-celtique « ven » qui a le sens de « rocher, montagne, hauteur » suivi du suffixe pré-celtique « -ena » qui peut être un collectif. Voir aussi la racine PEN*.

VIERE: voir VILLE. A le sens de « hameau ». A donné « Vière », « Vières», « Devant Vière», « Sous Vière », « Les Vières», « La Vierette ».

VILLE : ndl et ndf issu du latin « villa » qui a désigné des domaines ruraux, puis le village et enfin la « ville ». Au fur et à mesure de son évolution ce mot a pris des sens différents. Ces trois mots ont donné entre autres : « Le Village », « Le Villard », « Le Villaret », « Villargaudin » (qui appartient à Gaudin), « Le Villaron », « Le Viallard », « Villard d’Arène », « Les Viares » etc.